Une expérience de gestion communale participativee en milieu rural: le cas de Timbo Madina

En 1985, la République de Guinée a amorcé une politique de décentralisation consécutive à l'échec de plus de plusieurs décennies de gestion centralisée de l'état. La décentralisation suppose le transfert des compétences et des moyens de l'état central vers les collectivités locales qui sont ses démembrements. Elles s'administrent librement à travers des organes élus au suffrage universel. Elles sont autonomes non indépendantes et restent sous la tutelle de l'état. Timbo Madina, est la première commune qui a été formée, deux ans avant les autres. Elle a servi de champs d'expérimentation.

TIMBO MADINA est une collectivité locale dénommée Communauté Rurale de Développement, c'est la terminologie utilisée en Guinée pour désigner les communes rurales. Situé à 500 km de Conakry ( capitale de la République de Guinée ), Timbo Madina est peuplé de 30 000 habitants et a une vocation agropastorale. La communauté rurale de développement de Timbo Madina est dirigée par un Conseil Communautaire de 10 membres plus les représentants des catégories ( groupement des éleveurs, les ONG et les associations de toute catégorie). Ces conseillers non élus ont voix délibérative. Ce mode de représentation est valable pour toute la Guinée. Le conseil élit en son sein un président faisant office de maire pour 4 ans correspondant à la durée du mandat du conseil. Le conseil se réunit 3 fois par an pour délibérer de tout sujet intéressant la vie de la communauté. Le troisième réunion, qui se tient au troisième trimestre est consacré à l'examen du budget. Le Président du Conseil

Communautaire est l'ordonnateur du budget, il exécute les décisions du conseil. Ce qui fait surtout l'originalité de ces sessions budgétaires, il est fait appel à toute la population, aux ONG installées dans la Communauté Rurale, les associations de ressortissants de Timbo Madina installés en dehors du territoire de la commune, les associations du terroir. En effet les projets financés par la commune sont confiés à des comités de gestion interviennent dans l'exécution. Ces comités sont élus lors d'assemblées générales par la populations. Ils sont généralement au nombre de cinq ou de trois. Le nombre dépend de l'importance du projet. Ils ne sont pas membres du conseil communautaire. Au cours de ces sessions budgétaires les comités de gestion rendent compte de l'exécution des tâches qui leurs ont été confiées au Conseil Communautaire mais aussi à l'assistance. Lors de la session de novembre 2000, il s'agissait de 03 projets dont la construction d'une école de six classes dans

le chef- lieu de la Communauté Rurale et deux centres de santé dans deux villages. D'autres projets exécutés et financés par des ONG étrangères au nombre de cinq, mais ne faisant pas partie de la gestion financière directe du Conseil ont été évoqués et pris en compte par la session. A côté de ces comités de gestion, il y a des comités de transparence qui suivent les projets assurent le contrôle de gestion, ils font l'audit et peuvent donner un quitus. Les membres sont choisis parmi les populations. Les élus peuvent être membres s'ils sont choisis. Ces structures sont indépendantes et du Conseil Communautaire et du Maire qui ne peuvent nullement inférer dans leur fonctionnement encore moins les dissoudre. Les débats peuvent parfois être houleux car le maire est soumis aux questions des populations qui lui demandent des comptes de sa gestion, notamment les comités de transparence.

Même si le contrôle budgétaire et le pouvoir de sanction relèvent du ministre de l'intérieur, le conseil communautaire a initié une forme de participation communautaire qui a donné de très bons résultats. Cette politique dénote d'une volonté de gestion transparente des biens publics. En conséquence, les populations résidentes ainsi que les ressortissants de cette communauté rurale installés dans d'autres villes guinéennes ou à l'étranger acceptent volontiers de contribuer au financement de l'activité de la commune. Fait nouveau et rarissime, le budget a augmenté par de nouveaux impôts et surtout des contributions volontaires des citoyens pour le financement de nouveaux projets. Le budget est passé de 20 millions de franc guinéens ( 20 000$ US) à 35 millions de franc guinéens ( 35 000$ US ). Cette augmentation est un signal fort de la bonne gestion du Conseil. Communautaire et de la participation responsable des citoyens. C'est l'amorce d'un développement local participatif. Il

faut signaler que le président de la communauté et certains membres du Conseil sont analphabètes en français mais malgré tout la communauté rurale a démontré qu'une gestion locale transparente était possible avec la participation de tous. TM est visité par des étrangers comme une référence en matière de gestion locale efficace.

Legitimate governance

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