La participation au développement local

Le processus de décentralisation remonte à l’époque coloniale. Depuis les années 1990, il a pris une approche intéressante avec l’organisation d’une société de développement, et cherchant à impliquer les populations de façon active dans le développement local, afin d’assurer des services de qualité et le leadership.

Le défi est d’expliquer les opportunités qu’offre le processus de décentralisation pour le développement local, de renforcer la capacité de planification et d’y associer tous les acteurs. L’efficacité de l’action publique local dépend de la capacité des

collectivités locales à élaborer des véritables projets de développement informés et négociés avec les populations. La logique d’une participation réelle des population impose de les associer à la fois aux choix des objectifs et des moyens appropriés

pour leur réalisation. Il s’agit de faire participer toutes les parties prenantes à toutes les phases intermédiaires (élaboration, exécution, suivi évaluation).

En effet la décentralisation en Afrique est un fait historique ; elle n’est pas encore citoyenne, et n’est pas entrée dans la vie des gens. La décentralisation doit se refléter positivement sur le cadre de la vie et de travail des populations, sur leur revenu, leur éducation, leur santé. Pour ce faire la décentralisation et le développement doivent être liés tout en créant, les conditions d’une

nécessaire implication des populations à son processus.

Elle doit mettre l’accent sur la réorganisation de l’action au développement qui doit prendre en compte d’une part la réalisation des besoins du plan à l’échelon et d’autre part à régionaliser les objectifs et les réalisations (plan régional schéma régional

d’aménagement) par région d’abord, et par cercle et commune ensuite.

La recherche des voies et moyens pour la réalisation des ce plan incombe à l’Etat qui doit mobiliser à cet effet les ressources provenant de la fiscalité, de l’assistance extérieure etc., et le cas échéant de l’assistance matérielle ou humaine des

populations bénéficiaires. L’action de développement suppose une responsabilisation croissante de la population à participer à tout le processus de la décentralisation :

· A la phase de programmation des activités au cours des " réunions bilan " de manière à faire mieux prendre en compte leur existence et leur diversité, leurs savoirs et leurs savoirs faire, leur connaissance du milieu, les problèmes et les besoins qu’elles rencontrent.

· A l’évaluation des programmes et des activités grâce aux mêmes " réunions bilan " qui constitue aussi le départ du processus de programmation à partir du contrat ainsi réalisé, des problèmes et des difficultés à résoudre, mais aussi des acquis obtenus grâces aux précédents programmes.

Ainsi les programmes locaux ne doivent pas provoquer des distorsions, de désarticulations, de déséquilibres préjudiciables à la cohérence de l’action et au développement global. Ils doivent obligatoirement se situer dans les perspectives, orientations et objectifs du plan national.

Le développement local nécessite la prise en compte des réalités locales et une participation des populations concernées à leurs propres aspirations. Pour ce faire une planification participative exigeant une forte implication des populations est impérative afin d’atteindre une plus grande efficacité, et un renforcement des pouvoirs des collectivités locales. Le rôle des acteurs, les méthodes et les outils doivent faire l’objets d’une analyse approfondie (établir les priorités, allouer les ressources, choix du délai, organiser le contrôle par la société civile).

Par ailleurs, la réussite d’une bonne participation au développement suppose un partage des responsabilité et des moyens pour y parvenir. Ainsi il doit avoir :

· Un partage de l’action national pour e bon développement en actions de l’Etat et actions des populations locales,

· Un partage de plan national des vies et moyens de l’Etat et voies et moyens des collectivités de base.

Une fois le partage effectué, il ; importe qu’il soit respecté par les uns et les autres. En effet l’autorité de tutelle devra veiller à ce que les collectivités de base participent effectivement au développement en réalisant des actions conformes aux objectifs du plan et ces collectivités ne prennent pas en charge une partie des actions ou des dépenses qui incombent à d’autres personnes morales.

Ce partage de la participation doit éviter des situations ambiguës. L’Etat à l’obligation de supporter la charge des fonctions et des services régionaux et locaux qu’il met en place ; les collectivités prendront en charge les actions qu’elles auront décidées ; les services de l’Etat fourniront éventuellement un support technique pour la réalisation de ces actions. Pour que cette participation puisse réussir, il est indispensable que chaque projet local soit reconnu par la population comme son projet à elle, répondant, à ses soucis à ses aspirations.

La participation doit être responsable et faire un appel constant à la créativité, aux initiatives et au dynamisme latent de la population et en faisant comprendre que le développement qui concerne chacun est l’affaire de tous. Certes l’initiative des actions à entreprendre par la population n’est pas limitative, cependant il est nécessaire d’indiquer les domaines qui correspondent mieux à ce que les collectivités peuvent entreprendre, qui sont de nature à intéresser les populations à la base et qui font partie de leurs soucis constants tout en étant d’intérêt strictement local.

Lorsqu’on impose des projets, on s’engage dans un engrenage dangereux qui ne manquerait pas d’ouvrir la voie à des abus compromettant tout développement à partir de la base et dont les représentants des populations au sein des conseils locaux, s’apercevront très vite. En plus les programmes les collectivités doivent refléter un souci d’action globale " Etat - collectivité " touchant différents aspects de la vie communautaire. De même les initiatives locales doivent surtout s’exprimer dans les opérations qui requièrent un degré important de participation de la population que l’Etat obtiendrait plus difficilement pour des actions décidés loin des populations concernées.

Legitimate governance

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