Par MONNOU G. Hermann, Moïse SOUDE, Valère HOUETO (Porto-Novo, 24 Avril 2008)
La pré-collecte peut se définir comme une opération se déroulant au niveau des ménages, de la ville, de la parcelle, du service jusqu’au dépôt de la poubelle devant la maison pour être vidée par les collecteurs domestiques ou les services de collecte.
Le nettoyage des chambres, de la cours des maisons et de leurs devantures est une activité quotidienne qui s’impose à tout le monde. Au Bénin, cette tâche de pré-collecte repose sur l’initiative des populations. En effet, l’effort de propreté à l’intérieur de la maison et de l’espace considéré comme privé incombe aux membres de la famille et est presque toujours bien fait. Par contre, la perception développée autour de l’espace publique change considérablement.
Voilà-là des sources de déchets à collecter.
Les populations prennent toutes les dispositions, mais si elles ne sont pas onéreuses, pour assurer la pré-collecte et le stockage des déchets sur les lieux de production. Mais elles ne sont souvent pas prêtes à engager des dépenses particulières pour se doter de matériels plus hygiéniques pour conditionner les déchets.
Il ne serait pas exagéré d’affirmer que n’importe quel récipient récupéré peut servir de poubelle. De forme et de volume modestes, il se remplit très vite et laisse, la plupart de temps, déborder le contenu, ce qui explique leur nombre important dans les maisons.
Les poubelles utilisées dans les services publiques, privés ou dans les écoles et habitations luxueuses sont beaucoup plus présentables. Ce sont souvent des tonneaux façonnés, des conteneurs plastiques tous bien couverts. Néanmoins, il n’est pas rare de constater des services publics disposer de dépotoirs dissimulés dans leur enceinte et qui sont périodiquement mis à feux par le gardien à des heures non ouvrées.
Aujourd’hui, l’usage le plus courant à Porto-Novo est l’utilisation des bidons de 50L coupés à son extrémité supérieure, des bassines de toutes sortes, des sachets plastiques, des sacs de jute, etc., pour faire la précollecte des ordures. Cette pratique fait que le moindre retard des agents collecteurs cré des nuisances aux riverains, puisque les contenants sont non couverts et disposés devant les maisons.
C’est pour palier à cette situation d’insalubrité, dans une colonne des habitations économiques de Porto-Novo au Bénin, que les habitants se sont disciplinés de façon qu’ils ne soient visibles devant aucune maison des poubelles jusqu’à sept (7) heures du matin. Cette rigueur a été inculquée aux agents collecteurs de déchets ménagers ayant à charge cette localité qui font preuve d’exactitude à l’égard de ces clients afin d’enlever ces déchets entre 6 h et 6h30’ du matin.
La filière de précollecte des déchets solides ménagers à Porto-Novo est animée par des structures privées telles que : AVP-B, SADECO, JA, CTOM. Mais si certains préfèrent se livrer aux feux de poubelles au lieu de s’abonner aux structures de précollectes. Cette forme de gestion des déchets est légion dans la ville, et la plupart du temps, ce fait sans aucun trie préalable, exposant ainsi le ménage et l’entourage aux troubles cancérigènes.
Il faut noter que la quasi-totalité des structures qui se donnent à la précollecte à Porto-Novo, se limitent à ce maillon de la chaîne. Ils se préoccupent très peu de la gestion.
Initiative sur la délivrance des services publics dans le domaine de l’assainissement dans la Municipalité de Porto-Novo.