plaidoyer de la société civile pour des élections calmes et transparentes
Par Hubert TOPANOU (Cotonou, 17 - 04 - 2008)
le 09 Avril 2008, les organisations de la Société Civile béninoise est montée au créneau pour donner de la voix. c’était dans la salle de conférence de l’INFOSEC à Cotonou.
en effet, constatant les multiples mésaventures que rencontre la Commission Electorale Nationale Autonome ( CENA), les leaders d’opinion ont rendu publique une déclaration. Mme Huguette AKPLOGAN DOSSA a prêté sa voix pour présenter cette déclaration au nom du DHP-ONG, WANEP-Bénin, SOCIAL WATCH, Nouvelle Ethique, ALCREER , Centre Afrika obota, ONG Valeurs Citoyennes, CSA-Bénin, UNSTB et ELAN.
Dans leur communication à la presse destinée à la fois à l’opinion nationale et internationale les leaders ont manifesté leurs inquiétudes face à:
les crises que connait le pays et qui laisse planer un doute sur l’organisation des élections à bonne date;
la prise d’assaut des institutions et du peuple béninois par la classe politique; ce qui se réédite à l’approche de toutes joutes électorales;
Ils ont fait observé à juste titre que les tensions et la crainte généralisées qui découlent des tentatives de blocage du processus électoral sont non seulement cause de guerre fratricide et de remise en cause de l’ordre démocratique.
En outre,ils notent que les bégaiements, les tergiversations et autres ratées nuisent gravement à la fierté légitime des béninoises et des béninois.
En conséquence, les organisations de la société civile exigent:
la tenue des élections communales, municipales et locales le 20 avril 2008conformément au calendrier établi par la CENA;
recommande aux acteurs impliqués de se rencontrer pour discuter dans l’intérêt de tous des problèmes qui menacent la tenue à bonne date des élections;
prennent à témoin le peuple tout entier et rappellent à tous les acteurs institutionnels, politiques et sociaux de notre pays la nécessitédu respect des institutions;
réaffirment leur soutien inconditionnel à la CENA qui, au delà des personnes qui la composent, reste et demeure une institution de la République.
rassurent tous les partis politiques, les candidats et les électeurs de leur engagement à assumer mieux que par le passé la surveillance du déroulement du processus électoral.
Cette sortie médiatique des organisations de la Société Civile marque certainement une rupture d’avec le silence coupable dont parle depuis un certain temps la presse nationale.
Elle permet aux organisateurs de renouer avec leur rôle traditionnel de veille citoyenne et d’objecteur de conscience.
Elle situe enfin les uns et les autres observateurs de la scène politique sur l’ engagement formel de la société civile dans l’oeuvre de l’enracinement de la démocratie au Bénin.
Il convient de souligner que c’est l’une des rares fois où les ONG réalisent un front commun avec les syndicats pour une déclaration commune. en effet, si les ONG gardent leur caractère purement apolitique, l’on colle à tord ou à raison une couleur politique aux différents syndicats. raison pour laquelle cette expérience mérite d’être capitalisée. En outre,il est urgent de signaler que cette déclaration publique vient dissiper les ressentiments des uns et es autres face au mutisme de la société civile jugée dès lors comme vassal de la classe politique.