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Société civile et gestion des ordures ménagère à Lomé

L’assainissement de la ville de Lomé par les associations et ONG

Par Tikpi Atchadam (Lomé Togo, 01-07)

C’est le fruit d’initiatives spontanées de la société civile nées à partir de 1998 pour une contribution à l’amélioration de l’environnement dans les quartiers par la pré-collecte et la collecte des ordures ménagères. Certaines associations assurent la pré-collecte dans plusieurs quartiers d’un même arrondissement ou de plusieurs arrondissements. Il arrive que plusieurs associations ou ONG soient actives dans un même quartier.

Ces organisations font une pré-collecte porte à porte du lieu de production des ordures vers les dépotoirs intermédiaires ou du porte à porte du lieu de production vers la décharge finale.

Le matériel utilisé pour la pré-collecte est la charrette à bras et/ou le tracteur à remorque. Les charrettes sont tractées par deux ou trois personnes. Les tracteurs tirent des remorques en utilisant 3 à 4 agents, le conducteur du tracteur non compris.

S’agissant de la collecte porte à porte, celle-ci s’effectue à l’aide de véhicules motorisés autres que les tracteurs. Fort de cet équipement, les ordures sont acheminées directement vers la décharge finale. Il est employé pour cette collecte, des bennes à ordures ménagères ou des camionnettes.

Certaines organisations font à la fois la pré-collecte et la collecte. Le rythme est de deux fois par semaine.

Les investissements ont été financés au départ soit sur fonds propres par les organisations, soit avec l’assistance d’ONG et bailleurs de fonds internationaux tels que : CERAD International, GTZ, PNUD, Union Européenne. En mars 2001, sur 55 associations et ONG recensées par la DST, 21 ont bénéficié de l’appui de ces organisations.

Le Système fonctionne sur la base d’un abonnement mensuel de 1.000F par ménage et de 1.500F par concession. Les redevances devraient permettre d’assurer le financement des dépenses de fonctionnement et garantir le renouvellement des investissements. Le nombre d’abonnés par organisation dépend de la qualité du service rendu, du nombre de quartiers desservis, de l’absence de dépotoirs sauvages dans la zone d’intervention et de la capacité de recouvrement de l’organisation.

 

Au bout de l’expérience, les recettes n’ont servi qu’à couvrir juste le paiement de salaire du personnel et les frais d’entretien et de réparation du matériel.

Le système, en offrant de l’emploi aux jeunes, a en outre contribué à l’élimination des dépotoirs sauvages et à l’atténuation des risques de maladies dans les quartiers de Lomé.

Les difficultés rencontrées au cours de cette expérience sont les suivantes :

  • La gestion administrative et comptable des organisations est des plus défectueuses (problème de journal de caisse, de bulletin de paie, de compte d’exploitation) ;

  • le non paiement des redevances par les abonnés et le non reversement par le percepteur d’une partie des redevances recouvrées.

  • le taux d’abonnés très bas et l’accès libre aux dépotoirs aux non abonnés. En fait, ceux-ci n’avaient plus besoin de s’abonner puisqu’ils avaient accès aux dépotoirs.

  • La rémunération des agents en dessous du SMIG et l’absence d’une couverture sociale conséquente. Le système a manqué de sécurité pour les agents.

  • Le manque de professionnalisme des agents, la rivalité entre les structures associatives d’un même quartier, le manque d’informations autour de l’initiative, la situation des dépotoirs qui ne tient pas compte de la nature limitée du rayon d’action des charrettes.

Commentaire

En tout état de cause, une communication efficace, un encadrement technique et financier ont fait défaut le long de l’expérience. Il y a une demande en renforcement des capacités de ces organisations en matière de communication, de gestion des ordures ménagères et de gestion financière.

Notes

Synthèse des cinq expériences rapportées, constituant à ce jour,toute l’expérience de la commune de Lomé en matière de collecte des ordures ménagères:

Au-delà des spécificités propres à chaque expérience, on peut, en gros, classer ces expériences en deux catégories à savoir le système payant et le système non payant.

Le premier, contrairement au deuxième, génère des revenus.

Pour le deuxième, le financement est soit pris en charge par le budget municipal, soit par les abonnés à travers des redevances mensuelles payées aux structures de collecte dont le tarif tourne autour de 1.000Fcfa.

On peut avoir aussi une classification liée à la chaîne du service. On a donc le service assurant une chaîne complète, du domicile à la décharge finale et le système qui consacre l’existence de dépotoirs intermédiaires.

Chaque catégorie ou système a ses forces et ses faiblesses.

Cependant, le système payant, assurant une chaîne complète sans dépotoirs intermédiaires, pourrait être rentabilisé par un nombre conséquent d’abonnés. Mais ceci appelle un changement de mentalités et d’habitudes de la part des populations bénéficiaires des services d’enlèvement des ordures.

Les formes de financement sur lesquelles ont été basés ces expériences sont : les taxes sur la gestion des ordures, les redevances pour services rendus, les budgets publics, et dans une moindre mesure les fonds propres. Il faudra peut-être sortir des sources de financement classiques des opérations de collecte des ordures ménagères et penser à d’autres sources comme les prêts bancaires, le secteur privé, voire l’aide internationale consistante sous forme de coopération décentralisée.

La ville de Lomé, après six expériences (la sixième n’a pas été rapportée car ayant les mêmes caractéristiques que la cinquième qui est la collecte par la société civile) est toujours à la recherche d’une stratégie efficace de collecte des ordures ménagères.

Quel est le prochain système envisagé ? En quoi tient-il compte des six expériences précédentes ?

En attendant, la salubrité reste une préoccupation de taille pour les responsables municipaux de la capitale du Togo.

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