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Enlèvement des ordures à Lomé

L’opération pilote de DOUMASSESSE, un quartier de Lomé.

Par Tikpi Atchadam (Lomé Togo)

Un projet d’enlèvement des ordures ménagères entièrement financé par la Banque mondiale à un montant de 76.381.366F.CFA a été exécuté de 1997 à 2000 dans un quartier de Lomé dénommé Doumasséssé.

L’opération consiste en la concession par la municipalité de Lomé, de collecte des ordures ménagère à l’entreprise OTOMAN. Cette concession a pour objet d’assurer dans le quartier, un service complet de collecte et d’évacuation des ordures ménagères. En retour, le concessionnaire se fera payer directement ses services par une redevance perçue auprès des ménages du quartier. Ce qui implique pour le concessionnaire :

  • d’assurer un recouvrement performant de la redevance des collectes ;

  • d’assurer la gestion des dépotoirs intermédiaires construits dans le cadre de l’opération et mis à sa disposition ;

  • d’acheter les ordures ménagères auprès des ménages et de les acheminer à la décharge finale.

Afin d’assurer le succès de l’expérience, une campagne d’information, de sensibilisation et d’animation a été menée à partir de septembre 1997 dans tout le quartier par l’Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP) et par OTOMAN pendant plus d’un an ; précisément pendant 1an, trois mois et demi.

La collecte effective des ordures a commencé, après cette campagne, en mai 1999 et prendra fin en fin juin 2000. Les autorités municipales voulaient minimiser tous les points de blocage dans les relations entre acteurs. Pour ce faire, il fallait impliquer tous. Cette opération réussie verrait son extension à toute la ville de Lomé.

L’opération associe à une phase de pré-collecte des ordures ménagères vers les dépotoirs intermédiaires construits dans le quartier, une phase d’évacuation des dépotoirs intermédiaires jusqu’à la décharge finale.

Ainsi, la pré-collecte est confiée par OTOMAN à la Jeunesse pour le Développement du Quartier (JDQ) qui l’effectue au moyen de charrettes à traction humaine.

Toutefois, les ménages qui le désirent peuvent se passer des services de la JDQ et acheminer par leurs propres moyens les ordures aux dépotoirs intermédiaires.

En dehors de deux (02) dépotoirs intermédiaires, OTOMAN utilise pour le stockage des ordures, six (06) conteneurs à ordures.

Pour l’enlèvement des conteneurs, l’entreprise dispose d’un camion poly-benne, alors que pour l’évacuation des dépotoirs intermédiaires, elle utilise un camion benne et un chargeur.

La pré-collecte s’effectue deux fois par semaine et par abonné. Pour certains abonnés comme les restaurants, vue leur production d’ordures, la pré-collecte est faite plus de deux fois par semaine.

Le contrat de concession prévoit que la fréquence d’évacuation devrait être telle que l’accumulation des ordures ménagères sur les dépotoirs soit évitée.

En clair, la méthode se résume à ceci :

  • la pré-collecte porte à porte par la JDQ au moyen des charrettes à bras ou par apport volontaire des abonnés ;

  • le stockage des ordures ménagères pré-collectées dans deux dépotoirs intermédiaires ;

  • l’évacuation des dépotoirs intermédiaires vers la décharge finale par OTOMAN au moyen de camions.

C’est OTOMAN qui s’occupe de l’abonnement des usagers et la collecte des redevances.

Trois options sont proposées aux clients:

  • Un Service Personnalisé Ordinaire (SPO) qui consiste en une pré-collecte porte à porte deux fois par semaine. Le tarif mensuel de base est de 1.000F par ménage, 2.000F par famille et 3.000F par concession.

  • Un Service Personnalisé Spécialisé (SPS) qui donne droit à la pré-collecte porte à porte plus de deux fois par semaine. Le tarif est personnalisé et plus élevé que le service ordinaire (SPO).

  • Un Auto Service de Pré-collecte (ASP) qui est l’apport volontaire par l’abonné des ordures aux dépotoirs intermédiaires. Ici, l’abonné bénéficie d’un abattement de 20% sur le tarif du service ordinaire (SPO).

A la fin de l’expérience, seulement 910 abonnés ont été enregistrés soit 33% des ménages du quartier et le taux de recouvrement global sur la période de mise en œuvre de l’opération est de 40,18%. Les redevances recouvrées auprès des abonnés s’élèvent à 5.011.801Fcfa alors que les frais engagés pour l’évacuation des dépotoirs se chiffrent à 6.778.725Fcfa.

L’expérience a souffert des paiements partiels, irréguliers et tardifs de OTOMAN à la JDQ pour ses prestations, ce qui a provoqué des grèves et des arrêts de travail des agents pré-collecteurs chargés du porte à porte. Il faut dire aussi que les charrettes tombaient souvent en panne et que certaines zones où se trouvaient les dépotoirs intermédiaires et les conteneurs rendaient la pré-collecte très pénible pour les charretiers.

Contrairement aux clauses du contrat, il a été constaté une accumulation anormale des ordures sur les dépotoirs intermédiaires et des tas d’ordures dans les rues du fait de l’irrégularité des opérations d’évacuation des dépotoirs intermédiaires. L’entreprise a été défaillante sur le plan de la gestion de l’espace au sein des dépotoirs.

Au demeurant, les coûts de fonctionnement ont été couverts à concurrence de 5.011.801F par les redevances recouvrées auprès des abonnés et le solde restant a constitué une perte pour OTOMAN.

La démarche de la campagne préalable n’a pas été suffisamment inclusive notamment sur le type de service à assurer puis la grille des services et les redevances correspondantes, le choix des sites de dépotoirs (un des sites choisis était un terrain de football pour les jeunes du quartier). Et pourtant elle a duré plus d’une année et a coûté 19.751.000Fcfa.

Le projet aurait pu amoindrir les coûts d’évacuations tels que les coûts de chargement.

Mais il faut aussi un contrôle régulier de la part de la mairie amenant la population du quartier dans son ensemble à adhérer au système.

Commentaire

La démarche de la campagne préalable n’a pas été suffisamment inclusive notamment sur le type de services à assurer puis la grille des services et les redevances correspondantes, le choix des sites de dépotoirs (un des sites choisis était un terrain de football pour les jeunes du quartier). Et pourtant elle a duré plus d’une année et a coûté 19.751.000Fcfa.

Le projet aurait pu amoindrir les coûts d’évacuations tels que les coûts de chargement.

Mais il faut aussi un contrôle régulier de la part de la mairie amenant la population du quartier dans son ensemble à adhérer au système.

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