Structures de gestion décentralisée de la santé

Le comité de gestion de santé

Au Sénégal la loi 96 / 07 du 22 mars 1996 a transféré neuf (9) domaines de compétence aux Collectivités locales, à savoir : régions, communes et communautés rurales. La santé dont il est question ici en est un.

Il existe trois (03) principaux types de structures sanitaires au Sénégal : l’hôpital régional au niveau de la région, le poste de santé ou centre de santé au niveau de la commune, le poste de santé au niveau de la communauté rurale couvrant aussi des cases de santé dans des villages.

Le comité de gestion de ces structures de santé est installé par arrêté par l’exécutif de la collectivité locale (le PCR, le Maire, le Président du Conseil Régional). Le comité de gestion de santé selon la collectivité est composé :

 Du Maire ou son représentant, du Président du Conseil Rural ou son représentant, du Président du Conseil Régional et d’un élu choisi par ses pairs ;

 Du comité de santé majoritaire représenté par son Président, son trésorier, l’infirmier Chef de poste ou le Médecin chef de district

Le comité de gestion de santé délibère sur le projet de budget, les comptes, le fonctionnement, les travaux de réparation et les activités sociales des structures sanitaires.

Malgré toutes ces dispositions, des limites réelles sont constatées à différents niveaux :

 Le comité de gestion, en principe doit exercer une ascendance hiérarchique sur le comité de santé, ce qui n’est pas souvent le cas, ce dernier se considérant autonome parce que tirant aussi sa légitimité de la population ;

 Conformément aux textes en vigueur, l’élu représentant le conseil local dans le comité de gestion doit être désigné par ses pairs, ce qui n’est pas souvent le cas. Le mode de désignation obéit davantage à des critères d’ordre clientéliste.

 En dehors des techniciens que sont : l’infirmier ou le médecin, les membres du comité de gestion manquent d’expertise en gestion financière, dans la prise en charge des couches sociales défavorisées et dans le choix des priorités en matière de politique de santé.

Il existe en général un déficit de communication entre le comité de gestion et la collectivité locale. Exemple : un conflit a couvé pendant des mois entre le Maire de la commune de Nioro et le Médecin - Chef de district jusqu’à entraîner la médiation d’autorités administratives (Préfet) sans que le conseil municipal soit impliqué en amont. De même, le conseil municipal n’est pas informé des programmes de santé conçus ou réalisés par le comité de gestion pour pouvoir l’articuler à son propre programme afin de jouer pleinement conformément à la loi, ses prérogatives en matière de politique de santé.

Par ailleurs, les populations non plus ne sont pas informées du rôle et des responsabilités du comité de gestion censé être à leur service. Combien de fois, un indigent a vu impuissant, son malade succomber faute d’avoir les moyens de contribuer à son évacuation vers une structure de santé mieux équipée ?

En outre, des conflits permanents existent entre les membres du comité de gestion. Leurs origines sont de divers ordres :

 La tendance du comité de santé à être indépendant vis-à-vis du comité de gestion ;

 La gestion financière non transparente du comité de santé qui doit en principe rendre compte au comité de gestion ;

 Les oppositions et suspicions entre infirmiers ou médecins et le bureau du comité de santé qui se transposent dans le comité de gestion et qui compromettent son fonctionnement.

Le comité de santé doit avoir l’obligation de rendre compte périodiquement de ses activités et de ses comptes financiers au comité de gestion.

Le comité de gestion doit avoir la même obligation vis-à-vis du conseil municipal qui peut alors réorienter au besoin et informer les populations.

Il faudrait plus de rigueur dans le choix des membres du comité de gestion en mettant en avant des critères d’ordre éthique et de compétence. Le comité de gestion doit être élargi par l’intégration de personnes ressources pour renforcer son efficacité.

Dans le cadre de l’élaboration des programmes et des projets de budget, il urge de prévoir des concertations et des échanges entre la collectivité locale, le comité de santé et le comité de gestion pour arriver à de larges consensus. Ce qui éviterait les conflits.

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