Informer et former les ruraux au Mali

Une expérience originale sur le thème de la décentralisation

Mars 1991 constitue un tournant dans l'évolution socio-politique du Mali à travers l'instauration d'un multipartisme qui garantit au citoyen l'exercice de ses libertés. Ce processus démocratique s'est très vite focalisé sur la décentralisation comme un moyen de son approfondissement mais aussi de promotion du développement local.

Dans un contexte d'analphabétisme et de méfiance entre le citoyen et l'administration, comment accroître la participation de la base à ce processus de changement en vue d'une appropriation locale ? Cela suppose qu'il y ait une formation des différents acteurs. Un projet sera ainsi développé dans les cercles de Bougouni, Yanfolila, Kadiolo (région de Sikasso) et l'arrondissement de Siby (cercle de Kita, région de Koulikoro). Il s'agit là de milieux ruraux qui se caractérisent par un taux d'analphabétisme élevé, la faiblesse du pouvoir d'achat, l'accès limité aux services sociaux de base et enfin l'insuffisance d'infrastructures d'information et de communication.

Il s'agissait d'une part d'analyser les besoins en information et formation civique des populations rurales et d'autre part de proposer d'un commun accord avec elles une série d'activités pour combler ce besoin. Un projet d'information et de formation civique a été mis au point et exécuté au bout d'une année.

Ce projet visait six objectifs complémentaires:

Ce projet a nécessité l'intervention de trois catégories d'acteurs que sont trois ONG, l'administration de l'Etat (à travers la mission de décentralisation) et les communautés. Les ONG ont proposé des contenus et une méthodologie d'intervention ; la mission de décentralisation a accompagné tout le processus, assurant le contrôle de la conformité des messages diffusés ; les communautés villageoises ont participé à l'expression des besoins en information et formation civique, à l'organisation matérielle des séances de causeries-débats et à la gestion du processus par les comités audiothèques dans les villages.

La stratégie de mise en ouvre du projet a combiné l'information, la formation, les représentations théâtrales et l'appui documentaire.

la formation

Des mini-ateliers ont été animés au niveau intervillageois. Ils ont ciblé des groupes porteurs de changements (les femmes et les jeunes) et les leaders communautaires. Des thèmes comme l' historique de la décentralisation, la place et le rôle des chefs de village dans la décentralisation, les enjeux de la reforme, les attributions du conseil communal etc., ont été abordés.

L'information à travers l'audiothèque

L'information des populations a été assurée à travers l'animation d'une série de causeries-débats. L'audiothèque est un système d'écoute collective, de discussion et d'échange sur une question précise d'intérêt communautaire. Des relais d'information ont été identifiés par la communauté et formés par les ONG pour assurer la relève de l'équipe du projet. Des animations radiophoniques ont eu lieu pour élargir la sphère d'information sur la décentralisation compte tenu de la capacité de couverture de l'équipe.

Les représentations théâtrales

La troupe Do a organisé plusieurs représentations théâtrales avec deux pièces : la visite du maire et le choix des élus. Ces représentations ont largement fait usage de l'humour tout en provoquant des débats très riches et animés à la fin.

Appui documentaire

Le contenu de l'animation, document de base des audiothèques a été transcrit en bamanan et mis à la disposition des néoalphabètes grâce à la traduction en langue nationale bamanan.

L'intérêt des populations pour le projet explique leur mobilisation autour des objectifs visés. Compte tenu des opportunités qu'offre la décentralisation en terme de résolution de problèmes complexes de développement socio- économique, les actions de renforcement des capacités locales sont indispensables pour favoriser la maîtrise des changement en cours.

Legitimate governance

Keywords

Géographiques