L’appui des ONG aux communautés de base en matière de santé

La lutte contre les mariages précoces en milieu toucouleur Diama-Diama

Depuis les temps immémoriaux, au Sénégal comme dans certains pays de la sous région, la pratique des mariages précoces a été assez fréquente chez plusieurs ethnies. L’exemple de l’ethnie toucouleur en particulier, les « Diama-Diamas », est l’objet de cette expérience.

Ces villages dits « Diama-Diamas » sont situés dans le département de Nioro, Arrondissement de Médina Sabakh, dans la communauté rurale de Ngayène Sabakh. Les populations de la zone ciblée sont de Toucouleurs, célèbres pour leur conformisme et jaloux de leurs pratiques ancestrales. Une société conservatrice et fortement hiérarchisée dans un contexte de pauvreté et de rareté des ressources est la caractéristique de ces villages.

Cependant, depuis quelques années, avec l’accentuation des mouvements de populations de tous ordres, des associations de femmes n’ont eu cesse de lutter pour le bien - être et le progrès de la femme en s’appuyant sur l’esprit des lois combattant l’excision, le mariage précoce, etc. sans pour autant militer pour une remise en cause du système sociopolitique existant.

L’émergence de partenaires au développement et des ONG oeuvrant dans le domaine de la santé est venue renforcer le dispositif de cette lutte à travers des programmes de sensibilisation sur le danger que revêtent ces problèmes de mariage précoces.

Suite à l’installation des structures organisationnelles communautaires, « les Keppaar », avec l’appui du partenaire stratégique départemental « Symbiose », les populations concernées ont déployé de gros efforts à travers des séances de démultiplication et de sensibilisation des membres des keppaars, et ce, en collaboration avec des relais de « Plan Sénégal » sur les méfaits et les dangers des mariages précoces. En pour cause, cette partie de la communauté rurale de Ngayène ne disposait pas d’informations scientifiques sur la question de santé de reproduction.

C’est dans cette dynamique de collaboration que le collectif des ONG s’est évertué à leur expliquer les méfaits et les graves conséquences. En effet, jadis, beaucoup de femmes perdaient la vie au moment des accouchements. La majeure partie de la population avait coutume de donner la main de leur fille, peu avant la puberté, en leur attachant un morceau de tissu, en guise de symbole. Il était alors fréquent de voir des jeunes filles en état de grossesse à l’âge de 12 ans, avec des décès au cours des accouchements. Evidemment, elles ne s’adonnaient pas à des consultations prénatales et n’avaient aucune notion sur les programmes de vaccination liés à la grossesse. Aujourd’hui, des cases de santé fonctionnelle existent dans certains villages, particulièrement à Diama Thiewy et Diama Moussa qui disposent de fonds de caisse.

De cette expérience, il ressort que la priorité de ces populations en matière de santé est le renforcement des capacités dans les domaines de la natalité et du suivi médical. Pour ce faire, les partenaires au développement et les ONG sont les bienvenus.

La sensibilisation devrait être étalée aux autres couches de la société villageoise, notamment les personnes âgées, gardiennes de la tradition. Il ne sert à rien de faire étalage d’un arsenal juridique et de propagande sans l’appropriation des bienfaits de ces réformes par les ruraux qui sont au début et à la fin du développement.

L’exemple des mariages précoces en zone « Diama-Diama » doit particulièrement retenir l’attention des décideurs car, sans la santé et une bonne natalité, il ne peut y avoir de développement.

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