Lutte contre la corruption au Cameroun

Il est 15 heures et quinze minutes en ce jeudi 11 novembre 2010, lorsque le Conseiller Technique Principal du programme CHOC(Changer d’Habitude et Opposer la Corruption, Mamy Raboanarijoana, dans une voiture aux emblèmes des Nations Unies, fait son arrivée à l’Institut pour la Gouvernance en Afrique Centrale (IGAC). Passé les phases protocolaires, la parole est donnée à l’hôte du jour.

Croyez-vous à la lutte contre la corruption ? C’est par cette question fondamentale que MAMY a commencé son intervention. Prenant appui sur la réponse, négative, de l’assistance (étudiants, chercheurs et acteurs de la société civile) l’intervenant précise : « c’est parce qu’on n’y croit pas qu’il serait difficile de voir un réel changement dans le quotidien, cette lutte n’aura pas d’effet si les populations ne croient pas ».

Le programme CHOC, dont il a la charge a mené une étude sur les niveaux d’implication dans la lutte contre la corruption au Cameroun. Les résultats de cette étude montrent que la volonté de lutte contre la corruption baisse considérablement lorsqu’on quitte du stade politique au stade opération ou local. En d’autres termes, ceux qui réclament un engagement ferme de la part du gouvernement pour la lutte contre la corruption sont plus impliqués et montrent une faible volonté de lutte contre le fléau d’où le paradoxe du phénomène, précise-t-il, tout le monde dénonce mais peu d’effort est fait au niveau personnel.

Partant des résultants de cette étude, le programme CHOC a proposé une stratégie nationale de lutte contre la corruption au Cameroun, laquelle repose sur :

 Une stratégie sectorielle : cette approche consiste à privilégier certains fondamentaux avec des techniques spécifiques dans le domaine de l’éducation, santé, transport, finance, décentralisation, etc.

 Une stratégie de piliers d’intégrité : inspirée du modèle du temple grec, cette approche consiste à fonder l’intégrité nationale des populations sur la confiance.

 Une stratégie synergie : cette stratégie consiste à opérationnaliser une réelle collaboration entre les huit piliers d’intégrité sous forme de synergie.

Croire à la lutte contre la corruption est déjà un pas important dans cette stratégie. Malgré le pessimisme qui règne dans l’esprit des camerounais, la lutte contre la corruption est une réalité et verra un jour le succès.

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