Renforcer la légitimité de l’action publique en assurant la qualité des prestations des administrations

La discussion préalable sur le projet de société n’ayant pas été menée, l’entreprise de « démantèlement des Etats » , conduite durant les années 80, a grandement contribué à affaiblir les sociétés africaines. L’accroissement exponentiel de la pauvreté et les foyers de guerre qui s’allument un peu partout témoigne de la nécessité d’un Etat fort, capable d’organiser la redistribution des revenus et la solidarité nationale, de gérer la sécurité des biens et des personnes. Etroitement liée à la qualité de la gouvernance, le niveau de satisfaction des besoins économiques, sociaux, culturels et de sécurité nous dit long sur le chemin à faire pour refonder des Etats viables sur le continent. Dans cette perspective, la vision de l’action publique doit être entièrement revue, notamment pour ce qui concerne les administrations publiques. Celles-ci doivent rompre d’avec une certaine culture de « l’administrateur face aux administrés » , et revenir dans la société : grâce à une plus grande proximité des services publics, une plus grande attention aux besoins des populations, la libération d’espaces d’initiatives et de décision au profit des populations. Acquerrant ainsi une légitimité, une assise sociale, une utilité sociale reconnues, l’action publique sera véritablement en mesure de conduire les transformations nécessaires au développement de la société. Cela nécessite des interventions convergentes sur le renforcement des capacités des agents, l’amélioration du cadre réglementaire et éthique de l’action publique, la déconcentration et la décentralisation des services publics, le recentrage de l’administration centrale sur la conduite des missions régaliennes de l’Etat.

Proposition

o #RENFORCER LA LEGITIMITE DE L’ACTION PUBLIQUE EN ASSURANT LA QUALITE DES PRESTATIONS DES ADMINISTRATIONS

Mettre l’administration au service du développement

Résumé

 

o Adapter le contenu des formations des agents de l’Administration aux réalités et aux besoins du pays. Le premier niveau d’amélioration visera les écoles de formation, du point de vue des contenus de l’enseignement et de son mode de délivrance. Le retour de l’administration dans la société suppose qu’elle apprenne à l’approcher, non plus seulement à travers le prisme des autres (surtout des catégories sociologiques, politiques et institutionnelles occidentales). Cela nécessite la revue en profondeur de l’enseignement, en général, et le système d’enseignement. L’école, depuis longtemps sortie de la société, du fait de l’extraversion de l’Etat, doit réinsérer les communautés et les territoires. L’enseignement ne peut plus continuer d’être déconnecté des réalités du milieu.

o Soumettre publiquement et régulièrement les services publics à une évaluation de la légitimité de leur action. En plus du contrôle politique exercé sur l’Etat par les différentes assemblées constituées au niveau des différents échelons de territoire, le système général de contrôle des services publics doit être conçu des sorte à permettre aux différents usagers du service public, d’exercer, par le biais de leurs organisations représentatives (associations de consommateurs, associations professionnelles, syndicats, partis politiques…) une évaluation régulière de l’efficacité et de la qualité de ces services. Pour dépasser les revendications corporatistes, il est nécessaire de mettre en place un observatoire du service public, dont la fonction sera de veiller sur l’adéquation de la mission et des moyens actuels dévolus au service public à la réalité de la société et les aspirations des populations. Cet Observatoire doit réunir des représentants de tous les milieux sociaux.

o Décentraliser et déconcentrer les services et les ressources publics. La décentralisation doit permettre d’asseoir une gouvernance locale qui, par l’effet de la proximité et de la légitimité directe des autorités élues, est capable de mettre en œuvre des mécanismes institutionnels, législatifs et opérationnels qui garantissent la transparence, l’équité et la participation de tous à la vie de l’espace local et la résolution de ses problèmes de développement. Cette déconcentration pour être réelle et efficace, doit être accompagné d’une politique cohérente de déconcentration des services publics. Cette déconcentration devra consister en des responsabilités effectives et étendues accordées aux structures décentralisées, à la mesure de la nature des interpellations qui leur proviennent des collectivités locales. Il ne sert à rien de déconcentrer si les décisions essentielles continuent à être prises au niveau central.

o Recentrer les capacités de l’Etat à garantir la sécurité des populations. L’une des missions de l’Etat qui fonde sa légitimité, est de garantir la sécurité des populations, dans l’entendement le plus large : garantir l’accès de tous aux besoins vitaux (se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner) ; assurer la sécurité physique des biens et des personnes. Dans la perspective de l’Etat pluriel, le principe de la protection des populations ne suffit pas ; il doit être étendu aux communautés, en veillant particulièrement sur la sécurité des minorités ethniques. La sécurité économique suppose que l’Etat conserve et développe des capacités de régulation et ne laisse pas tout au marché. La gestion de la sécurité physique des personnes et des biens doit faire l’objet de mesures convergentes : sur les forces de sécurité, pour accroître leur professionnalisme et leur culture républicaine ; sur la politique extérieure, pour développer des rapports de bon voisinage et d’entente avec les Etats limitrophes ; sur les capacités nationales de concertation, pour garantir la paix sociale.

Legitimate governance

Keywords

Géographiques