Le problème du vivre-ensemble entre le même et l’autre dans l’État postcolonial d’Afrique noire

Dans l’État postcolonial d’Afrique noire, la difficulté de réaliser un vivre-ensemble juste et pacifique est souvent due au fait que le Même et l’Autre n’arrivent pas toujours à fédérer leurs préférences particulières autour des références politiques et économiques communes. C’est, par exemple, le cas lorsque le Même exprime sa volonté de dominer absolument l’espace politique ou d’accéder à la jouissance exclusive des ressources de l’État, enfermant ainsi, au risque de l’appauvrir, le politique dans une particule d’essence ethnique ou idéologique. Désespéré de voir le Même tolérer son existence et collaborer à la construction d’un véritable espace public, l’Autre mobilise son conatus, dans ce qu’il a de destructeur, pour pouvoir exister aussi dans un cadre où il ne tient pas à disparaître dans les catégories politiques et économiques du Même. Comment penser la gestion politique de l’hétérogénéité ethno-identitaire dans l’État postcolonial d’Afrique noire de telle sorte que soient prévenus ou évités les risques d’exclusion et de radicalisation des contradictions pouvant prédisposer le Même et l’Autre, le Semblable et le Dissemblable aux types d’affrontements tragiques dont la zone des Grands Lacs a, dans l’histoire récente, été le théâtre ? Nous pensons que ce problème ne peut être résolu avec bonheur que par la promotion, dans l’État postcolonial d’Afrique noire, d’une éthique du vivre-ensemble, grâce à l’éducation au « savoir-vivre au pluriel », sur la base de la tolérance de la différence. C’est au moyen de cette pédagogie citoyenne qu’on peut donner à l’ethnicité une perspective politique et construire solidement et durablement une relation binomiale entre le Même et l’Autre, sans qu’on doive procéder à l’oblitération de leurs différences objectives.

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